Alexandre Privat D'Anglemont/Illustration à la plume de J.Belon

 

Paris, milieu du xixe siècle. Dans ce récit mythique adoré de tous les amoureux de la capitale,

Alexandre Privat d’Anglemont raconte ses nuits et ses jours à Paris,

se remémore les métiers farfelus et depuis disparus, comme le fabricant d'asticots, les réveilleurs,

le devineur de rébus, le fabricant de crêtes de coq, les éleveuses de fourmis...

s’enchante des poètes, des chanteurs et des peintres.

Le grand et le petit peuple de la ville, qui n’ont pas tellement changé depuis le Moyen Âge,

revivent ici pour notre plaisir et notre instruction.

C’était un temps où « on voulait s’amuser, on ne pensait même qu’à cela ».

 

Extrait, "les vieux rubans" : 

 

"Monsieur"

Tout se vend à Paris, excepté les rognures de soies et les vieux rubans,

car on a pas encore su en tirer parti.

"Telle est la phrase que je trouve imprimée dans le journal le Siècle,

au milieu d'un article signé de votre nom. "On ne peut pas tout savoir.

Rien que dans cette phrase, il y a trois erreurs. permettez-moi de vous les noter :

"1° Si par rognures vous entendez les morceaux de coupons de soie, ou gardannes, 

vous ne vous êtes pas inquiété d'une branche fort lucrative de l'industrie parisienne.

"Ces rognures sont défilées, peignées, mises en bottes et revendues à des fabricants

qui en font de très magnifiques étoffes. Cela se vend encore par rassortiment aux femmes

qui ont besoin de racommoder des robes neuves auxquelles il est arrivé des accidents.

"2° Si au contraire vous entendez par rognures les morceaux qui restent aux couturières

et tailleuses de robes, après qu'elles ont fait leur office, vous vous trompez encore.

Ces morceaux, qui sont grands comme les deux mains, se vendent en balles dans les provinces ;

Ils servent aux ménagères des petites villes à faire de ces couvre-pieds multicolores

qui font la joie des femmes de la campagne

et charment les ennuis des longs jours de la vie des champs.

Vous n'êtes pas sans en avoir rencontré dans vos voyages : c'est fort laid,

cela attire l'oeil, chatoie, éblouit et finit toujours par agacer les nerfs.

Mais on aime cela en province, on le trouve de bon goût.

Et des goûts et des couleurs, vous le savez, on ne peut discuter.

3° ... Pour le savoir il va falloir lire la suite chez Teddiy.

Paris anecdotes

Ref : BI11LBT22APP029